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Conférences et exposés
Jacques KEROUAC breton d'Amérique
Conférencier : Dagier Patricia
Le 13-10-2011 à 14:30:00 - Lieu : Chapeau Rouge
Informations complémentaires : interview -kerouac-huelgoat -Jack Kerouac -

Jack Kerouac, de son vrai nom Jean-Louis Lebris de Kerouac, naît dans le Massachusetts en 1922, dans une famille québécoise conservatrice ayant émigré en Nouvelle-Angleterre. Jack Kerouac, considéré comme le père de la beat génération, le parrain de Bob Dylan et de Joan Baez , a consacré les dernières années de sa vie à tenter de découvrir les racines bretonnes de sa lignée; il est mort sans l'apprendre. Il aurait aimé son ancêtre,  né au Huelgoat,  Urbain François Le Bihan sieur de Kervoach. Comme lui, Urbain aimait à brouiller les pistes. Il s'était embusqué au plus profond des archives bretonnes et québécoises. Il aura fallu des années de recherches pour découvrir ce fils de famille, devenu aventurier, qui traversa l'Atlantique au début du XVII  siècle et arpenta la Nouvelle-France, le long du Saint Laurent, pour collecter les plus belles fourrures et tenir son rang. Le 9 juillet 2000, une plaque commémorative sera scellée à l'occasion de la visite en Bretagne d'une cinquantaine de Kerouac. Une pierre gravée « Le Bihan » sur l’église: quelle ne fut pas la surprise des Kerouac d’Amérique lorsqu’ils apprirent que leur nom d’origine, Le Bihan, figurait depuis l’année 1698 sur une pierre de l’église de Huelgoat! Et pour cause... Cette année là, le père de l’ancêtre de tous les Kerouac d’Amérique, François Joachim Le Bihan, sieur de Kervoac, notaire sur la grande place, fut nommé « procureur fabrique » et eut pour charge de gérer les comptes de la paroisse et de veiller à la bonne réalisation des travaux de l’église Saint-Yves. Une pierre taillée et placée au dessus du vitrail à l’arrière de l’église le fit entrer à jamais dans l’histoire et la mémoire de Huelgoat.

Sa première langue est le français, il n'apprend l'anglais qu'à l'âge de six ans. Avant ses dix ans, il se découvre une passion pour l'écriture, qui se manifeste d'abord par le carnet qu'il transporte tout le temps avec lui et par ses longues lettres à ses proches. Grâce à ses talents d'athlète, il obtient une bourse pour l'université de Columbia, à New York. Mais après sa mise à l'écart de l'équipe de football, il met fin à ses études et va vivre chez une ancienne petite amie. Il rencontre ses futurs camarades de voyages, membres de ce qu'il va nommer la Beat Generation. Quelques noms : Allen Ginsberg, Neal Cassady, William Burroughs (qui reste toujours en marge des Beats).

Il s'engage en 1942 dans la marine marchande, puis dans la marine militaire, mais n'est pas mobilisé pour la seconde guerre mondiale. Entre ses voyages, il est à New York avec ses amis de Columbia, où il loge souvent dans l'appartement de sa mère. Il travaille sur son premier roman, publié en 1950. The "Town and the City" (Avant la route) lui apporte une certaine reconnaissance. Sur la route naît en 1951, après trois semaines d'écriture spontanée sous benzédrine, mais ne trouve pas d'éditeur, à cause de son style expérimental et de positions envers les minorités à contre-courant de l'Amérique des fifties.
Au cours de ses pérégrinations des années 50, il écrit plusieurs ouvrages autobiographiques, tous refusés. Sur la route est finalement acheté en 1957 par Viking Press, qui demande des révisions majeures. Le style nouveau, libre et influencé par le be-bop, et les thèmes non matérialistes du roman, qui romance ses voyages en auto-stop avec Cassady au travers des Etats-Unis et du Mexique, au fil des rencontres et des liaisons amoureuses et amicales, lui apporte un grand succès d'estime, certains voyant en Kerouac un nouveau grand écrivain. Il se retrouve bombardé contre son gré porte-parole de la Beat Generation.

Sa découverte du bouddhisme en 1954 influence considérablement un autre roman largement autobiographique contant ses aventures avec les poètes de San Francisco, The Dharma Bums (Les Clochards célestes). Le succès de Sur la route le met très mal à l'aise. Il s'éloigne de Ginsberg, à qui il reproche de trop chercher à se mettre en avant et de trahir ainsi l'esprit Beat. Le développement de la mode bouddhiste, dont il a pourtant été un des promoteurs, l'irrite.

Il écrit la plus grand part de son oeuvre dans les années 60, notammentLe Vagabond solitaire en 1960 ; Big Sur en 1962 ; Visions of Gerard en 1963, inspiré par la mort de son frère alors qu'il avait quatre ans ; Anges de la désolation en 1965.

Kerouac meurt en 1969 d'une cirrhose du foie due à ses excès d'alcool et de benzédrine. Il est aujourd'hui reconnu comme un des plus grands auteurs américains du XXe siècle. Outre ses romans, il a également écrit des poèmes, haïkus, psaumes et essais bouddhistes. Tant son mode de vie que les thématiques de ses écrits et son insistance sur la nécessité de spontanéité dans l'écriture, ont fait de lui une influence majeure.
Bien que son style ait été très controversé et que certains aient insisté sur le fossé séparant sa théorie de ses pratiques littéraires (il retravaillait énormément ses écrits des années 50, enfreignant sa règle d'immédiateté), c'est dans cette prose confessionnelle que de nombreux écrivains de la seconde moitié du siècle ont puisé leur style, de Richard Brautigan, Lester Bangs ou Hunter S. Thompson à Bob Dylan ou Tom Waits. Enfin, si d'une manière évidente il a donné à la génération hippie les outils de son expression, il méprisait ouvertement celle-ci, retour de son éducation conservatrice oubliée.
 

 
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